Imprimantes 3D nouvelle génération : le jet d’encre par HP !

Cela va surement vous surprendre mais il fallait s’en douter, ou c’était tellement évident que personne y croyait ?
En effet le monde de l’impression 3D grand public boosté ces dernières années par des brevets tombés dans le domaine public semble être parti d’un feuille blanche. Évidement cela a permis d’explorer de nombreuses pistes qui font preuve de beaucoup d’imagination, le monde reprap en est l’excellent exemple et nombreux sont encore dans leur garage, même HP avait fait ses premiers pas dans la construction additive en vendant des imprimantes 3D Stratasys rebadgées, mais l’avenir est ailleurs. On peut même se demander s’il n’était pas écrit dés le départ parce que dans « imprimante 3D » il y a le mot imprimante…

Il fallait attendre HP pour que cela semble évident alors même que la technologie existait déjà.

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On a vu naître ces dernières années une multitude de start-up concevant, fabriquant et vendant des imprimantes 3D, toutes plus inventives et originales les unes que les autres… mais en fait toutes identiques. Majoritairement des FDM (dépôt de matière en fusion), quelques SLA (stéréolithographie, solidification de résine par laser ou ultraviolet) qui est la technique la plus ancienne (je me souviens d’une démonstration à Imagina 1993) elles se battent avec des caractéristiques qui se tiennent et à des coûts quasi identiques. Leurs principaux défauts : la vitesse et la précision, deux points que justement leur technologie ne permet plus de faire évoluer.
Le marché grand public en est déjà saturé mais c’est normal, imaginez une course avec 5000 partants et 100 à l’arrivée, c’est le monde des start-up des NTIC que nous connaissons depuis 20 ans, l’histoire se répète juste plus vite car la finance en profite. Revenons-en à l’impression 3D et à la technologie du jet d’encre.

Comment ça marche ?

C’est très simple, vous avez tous eu et vu travailler une imprimante jet d’encre, je parle d’une imprimante qui imprime sur papier, souvenez-vous. On a inventé beaucoup de choses pour imprimer en 3D avec notamment la fusion de matière via une buse chauffée et en donnant une élévation via ce qu’on appelle l’axe Z soit en faisant descendre le plateau soit en faisant monter la buse, mais une imprimante jet d’encre ça fait la même chose l’axe Z en moins ! Vous vous souvenez de la vitesse et de la précision d’une imprimante jet d’encre ? Cette technologie ne se limite plus à votre imprimante de bureau A4, mais elle a envahi toute l’impression à tel point qu’aujourd’hui il est plus pratique, rapide et rentable d’imprimer que de peindre, par exemple du covering sur des autos, des camions, des bus, des trains (pas des avions) des façades de bâtiments… On imprime dans des tailles quasi infinies et à des vitesses folles. On est d’accord qu’en impression 3D on imprime couche par couche, alors que manque-t-il à une imprimante jet d’encre pour en faire autant ? Ça :

Comparatif temps d'impression 3DHP nous propose aujourd’hui la même chose, le volume, la hauteur, Z en plus. Et là on ne parle pas d’imprimer un peu plus vite qu’une Makerbot ou qu’une Stratasys, mais 10 à 30 fois plus vite ! Demain Canon et Epson en feront de même avec des jets carrés ou triangulaires peut importe mais avec une technologie qu’ils maîtrisent depuis des décennies. La technologie d’HP porte le nom de Multi Jet Fusion qui combine fusion de poudre et dépôt d’encre en 4 étapes, une évolution de leur technologie Memjet Waterfall.

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Concrètement le Multi Jet Fusion avec une vitesse de 350 millions de gouttes d’encre déposées par seconde repousse véritablement les limites de l’impression 3D que nous connaissons aujourd’hui. Impression 30 fois plus rapide qu’en FDM avec une Makerbot par exemple et 10 fois plus rapide que du frittage de poudre avec une machine 3D Systems ou Eos. La finesse des couches est donnée pour 21 microns ce qui est tout à fait honorable. De plus il est possible de combiner plusieurs têtes pour augmenter la surface (et donc le volume) et la vitesse d’impression. Cela semble sans limite.

Autres avantages : la couleur et le choix des matériaux offrant souplesse et solidé

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« Le processus d’impression propriétaire multi-agents de la technologique Inkjet applique de façon simultanée plusieurs liquides pour produire une meilleure qualité de fabrication, en combinant précision, souplesse et uniformité dans les trois directions de l’espace » précise HP dans son communiqué de presse.

Pour illustrer les capacités de son procédé, HP a imprimé un anneau en seulement 30 minutes, objet qui a ensuite été utilisé pour soulever une voiture et résister à une charge de 4,5 tonnes.

Dernier point, la technologie d’HP devrait également concurrencer les acteurs traditionnels de l’impression 3D en proposant des prix attractifs, tant au niveau des machines que du prix de revient des pièces imprimées car plus rapide et utilisant moins d’encre, même si les cartouches de consommables seront propriétaires. Il fallait bien s’y attendre c’est le gagne pain des fabricants d’imprimantes et ils ne sacrifieront pas cette manne. Une sortie commerciale est prévue pour 2016, HP a annoncé mettre à disposition sa technologie pour des professionnels bêta testeurs en quelque sorte.

En conclusion la technologie Multi Jet Fusion doit conduire une nouvelle ère : « HP se déclare prêt à conduire la révolution industrielle. Multi Jet Fusion n’est pas qu’une simple imprimante 3D, c’est un outil pour la prochaine révolution industrielle. » Rien que ça.

HP a la force médiatique pour être aujourd’hui dans les feux des projecteurs, mais ce n’est pas le seul acteur à utiliser un procédé similaire, ni le premier. Cette technologie n’est pas sans rappeler les procédés d’impression 3D PolyJet développé par Stratasys et MultiJet de 3D Systems.

PolyJet breveté par la société Objet en 1999 et racheté par Stratasys en 2012 combine comme Multi Jet Fusion, deux précédés : Inkjet (jet d’encre) et la photopolymérisation à la lumière ultraviolette. Dans le monde de l’automobile on parlerait de système hybride. Cette technologie possède de nombreux avantages : une excellente résolution (jusqu’à 0,016 mm), des surfaces lisses (pas d’effet d’escalier contrairement aux objets imprimés par FDM) ainsi qu’un large choix de matières et de couleurs pour un coût et un temps d’impression relativement faibles.

Quant à MultiJet de 3D Systems voici une vidéo :

Et pour finir une vidéo de la Multi Jet Fusion d’HP à taille humaine :

Cela ne tient pas encore tout à fait sur le coin d’un bureau mais nous ne manquerons pas d’en reparler.

Info dernière minute:

la commercialisation de la HP Multi Jet Fusion est annoncée pour 2016.

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Alexandre Contat
Designer, Alex baigne dans les NTIC et lance une start-up de création Internet dans les années 90, puis après l'apprentissage de la menuiserie poursuit son parcours dans l'informatique, c'est tout naturellement que cet entrepreneur en veille se tourne vers la formation et la démocratisation de la fabrication additive. Retrouvez moi à Troyes sur http://www.distudio3d.fr
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